Conte pour ne pas s’endormir…

Pfff… encore une galette et une motte de beurre à apporter à sa grand-mère…
Le petit chaperon rouge en avait assez de toujours devoir se charger des courses de sa grand-mère, même si cette dernière était la plus charmante des aïeules qu’on puisse avoir..
Il fallait mettre une cape rouge, marcher d’un pas guilleret dans la forêt, saluer les écureuils qui ne regardaient que leurs noisettes, sourire aux lapins qui ne pensaient qu’à forniquer, chanter avec les oiseaux qui ne sifflaient que des femelles à plumes, arriver chez grand-mère et jouer la surprise de la voir en mutante, avec de grandes dents, de longues oreilles… et tout cela pour faire frémir les petits-enfants le soir avant leur sommeil…Pfff….

Et en plus, ce que tous ignoraient, il lui fallait subir les assauts du loup qui n’avait pas seulement de grandes les dents et les oreilles… si au moins il savait s’y prendre….. mais non, toujours à la va vite, pressé d’en finir pour paresser sous la couette et ronfler de ton son soûl….. décidemment, la vie de petit chaperon rouge ne lui convenait plus….

Le petit chaperon rouge avait grandi et n’avait pas traversé les siècles sans changer, contrairement à ce que tous les amoureux de contes à dormir debout croyaient. Ses souliers plats lui serraient le pied, sa cape ne cachait plus ses chevilles, son corsage était du dernier cri en ce siècle, il lui dissimulait à peine sa poitrine. Quant à sa jupe, c’était de loin la plus sexy des ceintures qu’un couturier aurait pu imaginer….

Aussi décida-t-elle de faire quelques emplettes pour renouveler sa garde-robe. La boutique d’habits pour les personnages de contes soldait en cette saison. Elle trouverait certainement de quoi s’habiller à moindre coût. Après avoir fureté dans tous les rayons, elle dut se rendre à l’évidence… plus un seul costume de chaperon rouge… Impossible !… « Hélas lui répondit la vendeuse, une citrouille encore alerte pour son âge, hélas ma pauvre, nous avons été dévalisés pour la rencontre internationale des chaperons rouges ». Zut et rezut pensa ce pauvre chaperon ! Que mettre ? Elle fouilla au rayon des sorcières et finit par trouver un ensemble qui était encore seyant, un jupon, un corsage, un grande cape et des bottines à talons, le tout en noir bien sûr… couleur des femmes ensorcelantes de la nuit… Tant pis, il lui fallait à tout prix d’autres habits, elle porterait ceux-là. La nouvelle collection des chaperons rouges serait bientôt en rayon et elle dépenserait son argent de poche à cette occasion.

C’est ainsi vêtue, d’un pas décidé qu’elle s’en alla vers le petit bois Noir, le traversa et arriva en vue de la maison de grand-mère. Elle poussa la porte d’un coup de pied, cette foutue bobinette restait coincée à chaque fois, alluma la lumière…et resta dans l’obscurité. Tiens, pensa-t-elle, grand-mère n’a pas payé sa note d’électricité, elle vieillit…. La seule lueur dans la grande pièce qui servait à la fois de cuisine, de salon et de chambre à coucher, provenait des lueurs rouges d’un feu de cheminée. Elle s’approcha du lit et sacrifiant au rituel, prononça son texte d’une voie morne et sans entrain.

« Oh grand-mère comme tu as de grandes oreilles ».. pas de réponse
« Oh grand-mère comme tu as de grand yeux »… un vague son, tenant plus de grognement que de paroles distinctes lui répondit : « mmmm….gr..te voir »

Le chaperon rouge se dit que le loup avait à nouveau fait la java toute la nuit dans la forêt et qu’il cuvait une consommation exagérée de liqueur de sapin qui, comme tout le monde le sait, rend les mâles totalement inoffensifs et doux comme des agneaux…..

Soucieuse de jouer son rôle jusqu’au bout, elle dit : 
« oh grand-mère, comme tu as une grande bouche »
A ce moment précis, deux lèvres se posèrent sur les siennes et les dévorèrent délicatement, une langue curieuse et agile lui lécha les contours de sa bouche et s’insinua dans celle-ci pour un baiser des plus lascifs….

Tant l’effet de surprise que la sensualité de ce baiser entraînèrent le chaperon dans un tourbillon de sensations qu’elle ne se rendit même pas compte que ses deux mains furent jointes et ses poignets liés par un ruban de velours. Lorsqu’elle voulut émettre un son, un chut lui fut murmuré dans l’oreille et un bandeau de soie lui bâillonna la bouche.

Un frisson d’angoisse la parcourut. Quels jeux cet idiot de loup avait-il encore inventés. Enfin …pas si idiot que ça aujourd’hui. Surprenant ce revirement d’attitude. Une patte gantée ne lui laissa pas le temps de disperser ses pensées et s’aventurait le long de son cou dans une caresse douce et appuyée à la fois pour descendre dessiner le contour de sa poitrine, chemin tracé pour des lèvres chaudes qui se posèrent sur sa gorge frémissante. Ses bouts de seins dressés furent aussitôt emprisonnés par cette bouche avide de les sucer, les mordre, les tirer et les relâcher brusquement.

Un soupir étouffé par le bâillon se fit entendre. Le chaperon rouge perdait lentement la notion du temps, sa conscience enregistrant encore quelque peu les caresses mais son subconscient en appelant d’autres. Son ventre la faisait souffrir tant le désir gonflait son sexe. La caresse de ses seins ne faisait que décupler son désir, elle sentit un spasme de plaisir l’emporter et perdit tout repère dans la réalité. Elle appelait de tout son être une caresse dans ce ventre torturé par le feu du désir, aurait aimé une bouche sur son clitoris, un sexe dans son ventre, la prenant sauvagement pour l’entraîner dans les délices de la jouissance. A cette seule pensée, elle jouit en tendant tout son corps, le bâillon ne parvenant pas à taire ses cris de plaisir.

Sans qu’elle su comment, elle se retrouva renversée à travers du lit, couchée sur le ventre, les mains toujours liées. Cette même voix rauque lui murmura à l’oreille : en veux-tu encore ? souhaites-tu connaître des plaisirs plus forts encore ? Elle ne put que balancer la tête d’avant en arrière pour exprimer son acquiescement.

D’un geste brusque, ses cuisses furent écartées et ses chevilles attachées, maintenant ses jambes ouvertes. Elle avait conscience d’être parfaitement indécente dans cette position et cela lui plu. Elle voulu jouer un peu en remuant ses fesses mais son élan fut coupé net par une pression qui la maintint parfaitement immobile. Quelque chose de doux qu’elle ne put identifier, effleurant sa peau, entre ses fesses, s’arrêtant, glissant jusqu’à son clitoris et reprenant le chemin inverse, chatouillant délicieusement son intimité... elle s’abandonna à cette caresse légère tout en pensant que ce rustre de loup faisait preuve d’une imagination très fertile.

Mais qui avait donc pu le déniaiser à ce point ? Ne serait-ce pas cette petite salope de belle au bois dormant qui, encline à musarder hors des sentiers battus sous ses airs endormis de ne pas y toucher, menait une vie de débauche dès que son prince charmant avait le dos tourné ? Humm elle se ferait bien la belle au bois dormant mais sans le prince charmant…se faire pénétrer et lécher une chatte mutine cachée sous une multitude de jupons inutiles…

Ou alors Blanche-Neige… non, impossible, elle se tapait régulièrement les 7 nains…Le chaperon l’avait espionnée une nuit de pleine lune. Blanche Neige couchée sur le dos, caressant de ses mains menues 2 nains, en suçant un 3è pendant que 2 autres se branlaient sur ses seins et que les 2 derniers s’apprêtaient à lui faire subir les derniers outrages en investissant ces grottes secrètes. Jamais le chaperon rouge n’aurait imaginé un tel spectacle, encore moins pensé que Simplet avait une aussi grosse….

A moins que ce ne soit Cendrillon qui ait insufflé au loup un tel élan amoureux.. A force de la voir toute la journée à quatre pattes, les jupes relevées pour laver le sol et agitant ses fesses en cadence, ajustant sans cesse sa culotte trop grande qui lui glissait le long des cuisses, ses seins se balançant au rythme du travail de ses bras.

Elle en était là dans ses pensées, bercée par les allers et retours légers de la plume qui se promenait entre ses fesses et baignant dans un océan de désir quand elle perçut quelque chose de froid et dur contre son sexe. Elle se raidit, cherchant à deviner quel était cet objet qui commençait à écarter doucement ses lèvres pour s’introduire lentement en elle quand elle sentit un pieu dur et froid glisser entre ses fesses, cherchant lui aussi son chemin pour pénétrer dans le plus profond de son intimité. Une douleur la déchira de part et d’autre et son cri fut retenu par ses lèvres bâillonnées. Le salaud ! eut-elle encore la force de penser, il me le paiera….. que déjà un mouvement de va et vient la ramena à la réalité. A la douleur succéda un début de douceur, et le désir resurgit, encore plus fort, elle se sentit possédée de toutes parts et chavira totalement dans le plaisir, son bassin oscillant au rythme des coups donnés par ces mystérieux sexes qui n’avaient rien d’humain ni d’animal.. Le plaisir l’emporta complètement quand un bruit des plus assourdissants se fit entendre.

Le chaperon rouge ouvrit les yeux de stupeur et vit devant elle le loup, réveil matin à l’appui, qui claquait la porte et la fenêtre de sa chambre. « Encore entrain de dormir, de rêvasser à je ne sais quel prince charmant… Debout fainéante, cela fait 3heures que j’attends ton arrivée, la grand-mère s’impatiente aussi et moi j’ai hâte de me faire un chaperon pour le dessert »

Ainsi ce n’était qu’un rêve…. Que le fruit de son imagination, de ses désirs les plus profonds… et pourtant, tout cela semblait si réel se dit-elle dans un soupir nostalgique. D’un pas traînant, elle enfila son costume de chaperon rouge qui était à sa taille, prit son panier, oublia la motte de beurre et la galette et quitta sa maison en reniflant, songeuse et triste….

Sa maison était redevenue silencieuse, baignée par la douce lumière du soleil dont quelques rayons se reflétaient sur un superbe objet, un double gode en cuir encore humide…..

 

Misha © 2008